Banque centrale de Tunisie : nouvelle politique de réduction du cash suscite des critiques
La BCT a relevé les plafonds de retraits et augmenté les réserves obligatoires, invoquant l’inclusion financière, mais des économistes alertent sur les risques pour l’investissement privé.
Les points clés
- La BCT a relevé les plafonds de retraits en espèces pour limiter l’usage du cash.
- Elle a aussi augmenté les réserves obligatoires que les banques doivent détenir.
- L’économiste Ridha Chkoundali estime que ces mesures pourraient étouffer l’investissement privé.
- Moez Soussi rappelle que la réduction de liquidité bancaire pourrait affecter le service de la dette extérieure.
La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a récemment pris des mesures drastiques pour réduire l'usage des espèces, officiellement pour promouvoir l'inclusion financière. Cependant, cette décision soulève de nombreuses questions et critiques, notamment sur ses réelles motivations et ses impacts économiques.
La BCT et la Réduction des Retraits en Espèces
Ces derniers temps, la BCT a relevé les plafonds de retraits en espèces. Officiellement, cette mesure vise à encourager l'inclusion financière, mais certains observateurs y voient une tentative de réduire l'usage des espèces. Cette décision intervient dans un contexte où l'économie tunisienne est confrontée à de nombreux défis, notamment une inflation galopante et une dette extérieure écrasante. La BCT semble ainsi vouloir contrôler davantage les flux financiers, mais à quel prix?
Les Conséquences Économiques: Un Risque pour l'Investissement Privé
Ridha Chkoundali, économiste renommé, a récemment mis en garde contre les risques potentiels de cette décision. Selon lui, le relèvement des réserves obligatoires des banques pourrait étrangler l'investissement privé. Cette mesure, qui oblige les banques à conserver une plus grande partie de leurs dépôts sous forme de réserves, réduit la liquidité disponible pour les prêts. Or, l'investissement privé est crucial pour la croissance économique, surtout dans un pays comme la Tunisie qui peine à relancer son économie.
« Le relèvement des réserves obligatoires risque d’étrangler l’investissement privé »a-t-il déclaré, soulignant une apparente contradiction entre la décision de la BCT et la politique de l'État en matière de prêts d'honneur.
Les Réactions des Experts: Une Vision Contradictoire
Moez Soussi, expert et professeur d'économie à l'Université de Carthage, a également réagi à ces mesures. Il a indiqué que les services de la dette extérieure pourraient reculer de manière sensible, passant à 17 milliards de dinars pour le budget 2027. Cette prévision, bien que positive, ne doit pas masquer les risques associés à la réduction de la liquidité bancaire. La BCT doit donc naviguer entre la nécessité de contrôler l'inflation et celle de soutenir la croissance économique. Ne nous berçons pas d'illusions, la réalité est autrement plus crue: la Tunisie doit trouver un équilibre délicat pour éviter de plonger davantage dans la crise.
La Banque Centrale de Tunisie joue un rôle crucial dans la stabilité économique du pays. Cependant, ses récentes décisions soulèvent des questions légitimes sur leur impact à long terme. Soyons lucides, la réduction de l'usage des espèces et le relèvement des réserves obligatoires ne sont pas sans risques. La BCT doit donc agir avec prudence et transparence, en tenant compte des avis des experts et des besoins réels de l'économie tunisienne. La Tunisie a besoin de mesures concrètes pour relancer son économie, pas de décisions unilatérales qui pourraient aggraver la situation.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi la Banque centrale de Tunisie a-t-elle relevé les plafonds de retraits en espèces ?
Elle affirme vouloir promouvoir l’inclusion financière tout en réduisant l’usage du cash.
Quel risque l’économiste Ridha Chkoundali associe-t-il à la hausse des réserves obligatoires ?
Il avertit que cela pourrait étouffer l’investissement privé en diminuant la liquidité disponible pour les prêts.
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