Dans la chaleur étouffante de juillet 2026, la Tunisie s'engage dans un programme ambitieux pour accompagner et réintégrer les migrants irréguliers. Cette initiative vise à offrir un retour digne et une réintégration durable aux migrants qui ne peuvent ou ne veulent pas rester dans les pays d'accueil ou de transit. La Tunisie a déjà enregistré 4,735 retours volontaires de migrants d'Afrique subsaharienne depuis juillet 2025, selon les autorités locales.
Le contexte des retours volontaires en Tunisie
Les operations de retours volontaires en Tunisie se déroulent en étroite coordination avec les missions diplomatiques des pays d'origine. Selon les autorités, 8,853 migrants ont quitté la Tunisie via le programme de retour volontaire de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2025, ce qui représente une augmentation de 28 % par rapport à l'année précédente.
Ces retours sont souvent perçus comme volontaires, mais des critiques soulignent que les migrants sont souvent confrontés à des règles strictes, à la harcèlement et au racisme, les laissant avec peu d'autres choix que de retourner chez eux. « C'est vraiment difficile ici, dit un migrant. Je suis harcelé tous les jours, je n'ai pas de papiers, je n'ai pas de travail. Retourner chez moi, c'est la seule solution. »
Les retours volontaires sont une composante clé de la stratégie nationale de gestion des migrations en Tunisie. Facilités par l'OIM et le HCR en collaboration avec leurs partenaires locaux, les programmes de retour volontaires offrent aux migrants irréguliers l'option de retourner dans leurs pays d'origine sans risquer d'être déportés, ce qui est moins coûteux en ressources.
L'importance de la réintégration
Le retour n'est que la première étape. La réintégration des migrants dans leurs communautés d'origine est tout aussi cruciale. Le projet ProGres Migration Tunisie, soutenu par l'expertise de la France, vise à fournir une gamme de services techniques et financiers pour aider les migrants tunisiens à se réintégrer économiquement et socialement.
Les enfants qui rentrent de zones de conflit, par exemple, reçoivent un soutien adéquat et s'intègrent plus rapidement, grâce à des pratiques efficaces telles que l'accès aux soins temporaires, aux liens familiaux et à l'éducation. « Mon fils est rentré avec un sourire, mais il a dû s'adapter à beaucoup de choses, raconte une mère. Heureusement, il a reçu beaucoup de soutien. »
Les défis et les perspectives
Bien que le programme de retour et de réintégration soit en plein essor, de nombreux défis subsistent. Un des principaux obstacles est la perception des migrants comme une menace. « Les gens ont peur des migrants, mais ils ne savent pas ce qu'ils traversent, explique un travailleur humanitaire. C'est un problème de perception et d'éducation. »
Un autre défi est la coordination entre les différentes parties prenantes. La réussite de ces programmes dépend de la collaboration étroite entre les autorités tunisiennes, les missions diplomatiques, l'OIM, le HCR et les organisations locales. Selon Azouz Samri, le chef de la mission de l'OIM en Tunisie, 22,377 bénéficiaires ont déjà été enregistrés depuis le lancement du programme en 2022, dont 2,103 en 2026.
« Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir, mais nous sommes sur la bonne voie, dit Samri. La réintégration des migrants est un processus complexe, mais nous sommes déterminés à le faire fonctionner. »
« Les retours volontaires et la réintégration des migrants sont essentiels pour une gestion efficace des migrations. » — L'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Pour mieux comprendre les motivations derrière ces retours, il est important de noter que les raisons sont variées. Elles vont du désir de se réunir avec la famille, au manque de statut légal, en passant par la volonté de commencer une nouvelle vie après avoir réalisé leur expérience migratoire.
Dans les prochains mois, la Tunisie continuera à mettre en œuvre ce programme de retour et de réintégration, avec l'espoir de fournir une vie meilleure à ceux qui rentrent chez eux. Les autorités tunisiennes et leurs partenaires internationaux sont déterminés à faire de ce programme un succès, en offrant à chaque migrant la possibilité de recommencer dans des conditions dignes et durables.