Bon, concrètement, l'agence foncière touristique vient de faire un communiqué qui fait tiquer les investisseurs et les promoteurs du sud tunisien. Selon les dernières informations relayées par plusieurs médias, l’AFT ne possède plus aucun terrain aménagé à Djerba pour accueillir de nouveaux projets touristiques. Une nouvelle qui, à première vue, semble simplement administrative, mais qui, en y regardant de plus près, soulève des questions cruciales sur la stratégie foncière du pays et l’avenir du secteur touristique sur l’île.
Pourquoi Djerba se retrouve sans terrain disponible ?
Vous vous en souvenez, il y a quelques années, Djerba était présentée comme le futur hub du tourisme de luxe en Méditerranée, avec des projets d’hôtels cinq étoiles, de complexes de golf et de résidences de vacances. Aujourd’hui, l’agence foncière touristique annonce qu’elle ne dispose d’aucun terrain aménagé pour de nouveaux développements. Le ministère du Tourisme, cité dans la presse locale, confirme ce constat, soulignant que toutes les parcelles déjà préparées ont été attribuées ou restent bloquées dans des procédures administratives interminables.
Le problème ne vient pas d’un manque de terre brute : Djerba possède encore de vastes étendues non exploitées. Le vrai souci, c’est la chaîne d’aménagement qui n’a pas suivi le rythme des demandes. Les dossiers d’infrastructures (eau, électricité, voirie) restent en suspens, les autorisations d’urbanisme sont souvent retardées, et les investisseurs se heurtent à une bureaucratie qui ne semble plus alignée avec les ambitions de croissance du pays.
Conséquences pour les acteurs du tourisme et l’économie locale
Alors oui, c’est vrai, la nouvelle n’est pas anodine pour les promoteurs qui comptaient sur Djerba pour leurs prochains projets. Sans terrain disponible, ils sont contraints de se tourner vers d’autres destinations, comme Sousse ou Monastir, où les réserves foncières sont plus accessibles. Cette fuite potentielle de capitaux pourrait ralentir la création d’emplois directs et indirects, d’autant plus que le secteur touristique représente une part importante du PIB tunisien.
Les acteurs locaux, notamment les artisans, les restaurateurs et les prestataires de services, ressentent déjà les premiers frissons de cette incertitude. Un commerçant du souk de Houmt Souk, interrogé à la suite du communiqué, a déclaré que « sans nouveaux hôtels, il n’y a plus de flux de touristes premium qui viennent dépenser ». Le sentiment est partagé par plusieurs chambres de commerce qui craignent un effet d’entraînement négatif sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
« L’absence de terrains aménagés à Djerba représente aujourd’hui un goulet d’étranglement majeur pour le développement touristique. Il faut repenser la gouvernance foncière pour débloquer les projets qui pourraient relancer l’activité économique locale », explique le Dr. Karim Ben Youssef, expert en aménagement du territoire et consultant auprès du ministère du Tourisme.
Quelles solutions envisagées par l’État et l’Agence ?
Vous vous demandez sûrement ce que l’État compte faire face à ce blocage. Les sources indiquent que le ministère du Tourisme travaille à la mise en place d’un nouveau cadre de gestion des terres, qui inclurait la création d’une « réserve foncière stratégique » dédiée aux projets à forte valeur ajoutée. L’idée serait de réactiver des parcelles déjà identifiées, mais qui n’ont jamais été réellement préparées pour la construction.
Par ailleurs, l’agence foncière touristique envisage de lancer un appel à projets ciblant les investissements verts et durables, afin de répondre aux exigences de plus en plus fortes des touristes soucieux de l’environnement. Cette orientation pourrait permettre de débloquer des terrains qui, jusqu’à présent, étaient jugés « non viables » parce qu’ils ne correspondaient pas aux standards de construction traditionnelle.
En attendant, le débat public s’anime sur les réseaux sociaux, où les citoyens et les acteurs du secteur débattent de la pertinence d’une telle politique foncière. Certains plaident pour une libéralisation totale, d’autres insistent sur la nécessité de protéger le patrimoine naturel de l’île, qui reste l’un des atouts majeurs de Djerba.
Quel regard porter sur l’avenir du tourisme à Djerba ?
Qui aurait parié que Djerba, perçue depuis longtemps comme la perle du tourisme tunisien, se retrouve aujourd’hui sans terrain disponible pour de nouveaux projets ? La réponse semble se situer dans la tension entre ambition économique et gestion rigoureuse du patrimoine foncier. Si l’État parvient à réformer le cadre foncier et à accélérer les procédures d’aménagement, on pourrait assister à un rebond rapide, avec des investissements qui redonneraient vie à l’île.
En revanche, si les blocages persistent, Djerba risque de perdre son attractivité au profit d’autres destinations régionales, et le secteur touristique pourrait connaître une stagnation voire un recul. Le pari est donc lancé : l’agence foncière touristique saura-t-elle transformer cette contrainte en opportunité ? La suite reste à écrire, mais le suspense est déjà à son comble.
En bref, l’agence foncière touristique se retrouve à un carrefour décisif, où chaque décision pourra façonner le futur de Djerba. Vous voyez le tableau : un terrain vierge d’opportunités, mais aussi d’obstacles à surmonter.
Restez à l’écoute, car le prochain chapitre pourrait bien changer la donne.