La chaleur écrase le pays. La tension monte. Et le courant, lui, tombe. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG) a lâché le morceau ce lundi 24 août 2026. Des coupures tournantes sont officiellement annoncées. Ce n'est pas une rumeur. Ce n'est pas une hypothèse. C'est la réalité qui frappe à la porte des foyers et des entreprises à travers le territoire national. La STEG confirme qu'elle devra recourir à ces délestages pour tenter de stabiliser un réseau électrique à bout de souffle. Le choc thermique est total.
Le réseau électrique à genoux sous la pression de la canicule
Pourquoi maintenant ? Pourquoi en plein cœur de l'été ? La réponse est simple, brutale et sans appel : la demande explose. Les températures grimpent en flèche, poussant les Tunisiens à solliciter leurs climatiseurs avec une frénésie croissante. Le réseau, déjà fragilisé par des années de sous-investissement et de vétusté, peine à suivre ce pic de consommation. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz se retrouve face à un dilemme technique insurmontable : soit elle laisse le réseau s'effondrer totalement, provoquant un black-out généralisé et potentiellement destructeur pour les infrastructures, soit elle coupe le courant par zones et par plages horaires pour préserver l'équilibre du système.
Le choix a été fait. Les délestages sont la solution de secours, celle qu'on préfère éviter mais qu'on finit toujours par activer quand la situation devient critique. Selon les informations diffusées ce lundi, la STEG a annoncé la possibilité de procéder à des coupures périodiques. Ce n'est pas une mesure anodine. C'est un signal d'alarme clair envoyé à toute la population. Le réseau ne peut plus absorber la charge supplémentaire. Chaque watt compte. Chaque ampère est surveillé. La gestion de crise est passée au premier plan des priorités de l'opérateur public.
Inédit. Non, pas vraiment. Ceux qui vivent en Tunisie depuis quelques années connaissent ce scénario d'été. Mais l'intensité de la chaleur cette année semble amplifier la fréquence et l'ampleur des perturbations. La STEG doit jongler avec des ressources énergétiques limitées et une demande qui ne faiblit pas. C'est une course contre la montre, jour après jour, heure après heure. Et ce lundi 24 août, le rythme s'accélère.
« La Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG) a annoncé qu'elle pourrait recourir à des coupures tournantes d'électricité ce lundi 24 août 2026. »
Cette annonce, relayée par plusieurs médias nationaux, marque un tournant dans la gestion quotidienne de la crise énergétique. Il ne s'agit plus de coupures imprévues dues à des pannes techniques isolées. Il s'agit d'une décision stratégique, planifiée, pour éviter le pire. La STEG tente de reprendre le contrôle d'une situation qui menace de lui échapper. Mais cette reprise de contrôle a un coût humain et économique lourd pour les usagers.
Grand Tunis et régions : qui est visé par les délestages ?
Les zones concernées sont nombreuses. La capitale n'est pas épargnée. Le Grand Tunis figure en bonne place sur la liste des régions touchées par ces interruptions tournantes. Les habitants de la banlieue et de la ville centre doivent se préparer à des coupures périodiques. Les commerces, les bureaux, les hôpitaux, les écoles, tous sont concernés. La vie quotidienne est suspendue, quelques minutes, quelques heures, selon les tranches horaires définies par la Société tunisienne de l'électricité et du gaz.
Mais le phénomène ne se limite pas à l'agglomération capitale. D'autres régions du pays sont également dans le viseur. La STEG a précisé que des coupures étaient possibles dans plusieurs localités à travers le territoire. Si les détails exacts de chaque zone ne sont pas toujours communiqués avec une précision chirurgicale dans les annonces initiales, la tendance est claire : la pénurie est nationale. Le sud, le centre, le nord, tous les réseaux sont sous tension. La chaleur ne fait pas de distinction géographique, et la réponse du réseau non plus.
Comment les Tunisiens réagissent-ils face à cette nouvelle réalité ? La résilience est de mise. Les générateurs électriques, autrefois réservés aux entreprises, se multiplient désormais dans les foyers. Les batteries solaires deviennent un investissement prioritaire pour beaucoup de familles qui refusent d'être à la merci des aléas du réseau national. La STEG perd du terrain face à l'autoproduction, signe d'une défiance grandissante envers la capacité de l'opérateur public à garantir un service continu.
Le choc. Imaginez une journée de travail interrompue net. Un serveur informatique qui s'éteint. Une climatisation qui se tait alors que le thermomètre affiche des records. C'est le quotidien de milliers de citoyens ce lundi 24 août. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz est au cœur de cette tempête. Ses décisions, ou son incapacité à éviter ces coupures, sont scrutées au microscope. Chaque minute de délestage est un rappel brutal des limites structurelles du système énergétique tunisien.
Une crise structurelle qui ne demande qu'à s'aggraver
Derrière ces coupures de lundi se cache une réalité plus sombre. Le réseau électrique tunisien est vieillissant. Les centrales de production manquent de carburant, notamment de gaz naturel, dont la Tunisie dépend encore lourdement. Les importations sont coûteuses, les réserves stratégiques sont maigres. La STEG navigue en eaux troubles, avec un budget insuffisant pour moderniser ses infrastructures et diversifier ses sources d'approvisionnement.
La question qui fâche est la suivante : pourquoi attend-on toujours la crise pour agir ? Les avertissements ont été lancés depuis des années par les experts, les économistes et même la direction de la Société tunisienne de l'électricité et du gaz. Les investissements dans les énergies renouvelables, notamment le solaire et l'éolien, sont trop lents, trop timides. Le potentiel de la Tunisie est immense, mais il reste inexploité. Pendant ce temps, les Tunisiens paient le prix fort, littéralement et figurativement.
Ces coupures tournantes ne sont pas un accident. C'est la conséquence logique d'un modèle énergétique qui ne tient plus la route. La STEG est le symptôme, pas la maladie. La maladie, c'est une gestion désastreuse des ressources, une corruption endémique qui a rongé les budgets d'investissement, et une politique énergétique qui n'a pas anticipé les effets du changement climatique sur la demande.
Le lundi 24 août 2026 restera dans les mémoires comme une date symbolique. Celle où la chaleur a vaincu le réseau. Où la Société tunisienne de l'électricité et du gaz a dû avouer ses limites. Pour les usagers, la perspective n'est pas réjouissante. Si la chaleur persiste, les coupures aussi. La résilience individuelle devient la seule parade face à l'impuissance collective.
La STEG continue de publier ses listes de zones concernées, tentant de minimiser l'impact en variant les horaires et les secteurs. Mais le message est passé. Le courant est fragile. La lumière est un luxe que le réseau ne peut plus garantir sans faille. Et dans cette Tunisie en sueur, chaque coupure est un coup au moral, un rappel que les fondations de notre confort moderne sont bien plus précaires qu'on ne le voudrait bien l'admettre. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz est au pied du mur, et le mur, lui, est chaud.