En juin 2026, l'Unité de Surveillance de la Fédération des Journalistes enregistre 16 agressions contre les journalistes et les photojournalistes à travers le pays. Cette augmentation alarmante des incidents, par rapport aux mois précédents, témoigne d'une détérioration continue de la liberté de la presse en Tunisie. Dans les rues animées de Tunis, où les manifestations et les protestations sont devenues fréquentes, les journalistes se trouvent souvent pris au milieu des affrontements. «C'est devenu une routine», confie Amina, une photojournaliste qui a été attaquée alors qu'elle couvrait une manifestation. «Chaque fois que nous sortons couvertures, nous devons nous préparer à être agressés.»
Un climat de violence et d'intimidation
Les agressions ne se limitent pas à des actes physiques. Les journalistes subissent également une campagne de diffamation et de harcèlement. Dans les bureaux de la Fédération des Journalistes, les responsables rapportent une augmentation des appels de journalistes en détresse. «Nous recevons des appels chaque jour de journalistes qui sont menacés, harcelés ou même attaqués physiquement», déclare M. Ben Ali, responsable de l'Unité de Surveillance. «Cela crée un climat de peur et d'intimidation qui compromet sérieusement notre travail.» L'un des cas les plus marquants est celui de Yasmina, une journaliste qui a été agressée verbalement et physiquement alors qu'elle couvrait une manifestation à Tunis. «C'était terrifiant», raconte-t-elle. «J'ai été encerclée par un groupe de manifestants qui m'ont insultée et menacée. Ils ont même essayé de me prendre mon appareil photo.»
Les femmes journalistes particulièrement ciblées
Les attaques sont particulièrement ciblées contre les femmes journalistes. Selon le rapport de l'Unité de Surveillance, plus de la moitié des agressions enregistrées en juin ont été subies par des femmes. Les agressions sexistes et les campagnes de harcèlement en ligne sont monnaie courante. «Cela va au-delà de l'attaque physique», explique Fatima, une journaliste de la télévision nationale. «C'est une tentative de nous intimider et de nous faire taire, surtout en tant que femmes journalistes.» Le harcèlement en ligne est un autre problème majeur. Les femmes journalistes subissent des campagnes de cyberharcèlement et de diffamation sur les réseaux sociaux. «Les commentaires haineux et les menaces de violences sont quotidiens», souligne Nadia, une journaliste qui a dû changer de compte sur les réseaux sociaux à plusieurs reprises. «Cela affecte notre moral et notre capacité à travailler efficacement.»
La Fédération des Journalistes appelle à l'action
Face à cette escalade de violence, la Fédération des Journalistes appelle les autorités à renforcer la protection des journalistes. «Il est impératif que les autorités prennent des mesures pour protéger les journalistes et garantir notre droit à exercer notre métier en toute sécurité», déclare M. Ben Ali. «Nous devons aussi sensibiliser le public sur l'importance de la liberté de la presse et de la protection des journalistes.»
Les événements de juin 2026 dans la capitale tunisienne représentent un moment crucial pour les journalistes du pays. Les actions physiques et verbales à leur encontre sont non seulement des violations de leurs droits, mais aussi une menace pour la démocratie tunisienne, déjà fragilisée par des années de répression. Les journalistes, en tant que gardiens de la vérité et de la liberté d'expression, jouent un rôle essentiel dans la construction d'une société démocratique. Leur sécurité et leur liberté sont donc non négociables. Les attaques de juin ne doivent pas être vues comme des incidents isolés, mais comme des symptômes d'un problème plus profond. Elles exigent une réponse collective et déterminée de la part de tous ceux qui croient en la démocratie et en la liberté de la presse.
«Nous devons protéger la liberté de la presse, car elle est le pilier de toute démocratie.» — M. Ben Ali, responsable de l'Unité de Surveillance de la Fédération des Journalistes