Perturbations et interruptions dans la distribution d'eau potable dans plusieurs régions du gouvernorat de Nabeul

Perturbations et interruptions dans la distribution d'eau potable dans plusieurs régions du gouvernorat de Nabeul

Un samedi matin, le soleil se faufilait à peine à travers la brume enfumée au-dessus de Nabeul, projetant une lumière lugubre sur la crise de l’eau en cours. Les rues, habituellement animées de vie, étaient sinistrement silencieuses, le rire habituel des enfants étant remplacé par le bourdonnement du mécontentement. Les perturbations et les interruptions dans la distribution d’eau potable étaient devenues une réalité criante pour les habitants de Nabeul.

Le contexte de la crise : un système de distribution défaillant

La crise de l’eau à Nabeul n’est pas un phénomène nouveau. Au cours des dernières années, la région a connu une série de coupures et de perturbations de l’eau, exacerbées par une combinaison de facteurs techniques et climatiques. La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) a attribué ces problèmes à des « contraintes techniques et climatiques » après plusieurs années de sécheresse. Ces contraintes ont entraîné de graves pénuries d’eau, en particulier dans les zones rurales, laissant environ 300 000 personnes sans accès à l’eau potable.

Mais la racine du problème va plus profond que la simple sécheresse. Les infrastructures de distribution d’eau à Nabeul, comme dans une grande partie de la Tunisie, sont obsolètes et inefficaces. Entre 2010 et 2016, seulement environ 69 % de la superficie totale irriguée ont adopté des technologies d’économie d’eau, avec un rendement variant entre 38 % et 85 % et une moyenne de 59 %. Ce taux d’efficacité est loin de la norme souhaitée d’environ 80 % dans les réseaux sous pression, indiquant un écart significatif dans les pratiques de gestion de l’eau.

Les causes sous-jacentes : des infrastructures vieillissantes et des politiques agricoles obsolètes

La crise à Nabeul fait partie d’un défi plus large concernant l’eau auquel la Tunisie est confrontée. Les ressources en eau du pays sont sous une forte pression en raison du changement climatique, de politiques agricoles dépassées et de la consommation industrielle d’eau. Ces facteurs ont entraîné des manifestations généralisées concernant l’accès à l’eau potable, en particulier dans les zones rurales disposant de réseaux d’approvisionnement sous-développés. La situation est encore compliquée par l’exercice fragmenté de l’autorité de l’État sur l’accès à l’eau, les infrastructures et l’approvisionnement.

Par exemple, les nappes phréatiques de la péninsule du Cap Bon, où se trouve Nabeul, sont fortement surexploitées en raison de la demande croissante en eau pour les usages domestiques et l’irrigation. Cette surexploitation a conduit à une grave crise de l’eau avec des impacts négatifs importants tant sur l’économie que sur le bien-être de la population. Selon un expert, Houcine, l’expansion des perturbations de l’eau n’est plus uniquement liée à la pénurie d’eau ou au déclin des ressources. D’autres régions désormais touchées incluent Sousse, Monastir, Nabeul et Ariane, cette dernière ayant enregistré plus de 100 coupures d’eau en 2025.

Les réponses possibles : des solutions politiques et techniques

Pour faire face à la crise de l’eau à Nabeul, une approche multifacette est nécessaire. Premièrement, il y a un besoin urgent de réformes politiques complètes pour garantir le droit constitutionnel des Tunisiens à l’eau et assurer un accès équitable. Cela comprend la mise à jour des politiques agricoles, la réduction de la consommation industrielle d’eau et l’investissement dans des technologies modernes d’économie d’eau.

Les solutions techniques sont également cruciales. L’Observatoire Tunisien de l’Eau (OTE) a enregistré 167 coupures et perturbations de l’approvisionnement en eau potable dans toutes les gouvernorats au cours du mois de mars 2026, reflétant une aggravation continue de la crise de l’approvisionnement en eau dans plusieurs régions. Pour atténuer cela, la Banque de développement KfW, mandatée par le gouvernement fédéral allemand, soutient de nombreux projets intégrés de gestion des ressources en eau. Plusieurs projets visent à détourner l’excès d’eau du nord, riche en eau, vers les régions pauvres en eau.

En conclusion, la crise de l’eau à Nabeul est un problème complexe qui nécessite une action immédiate et soutenue. La situation est critique, mais avec les bonnes politiques et solutions techniques, il est possible d’atténuer la souffrance des résidents et d’assurer un avenir plus sécurisé en matière d’eau pour tous.

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