La chaleur ne passe pas. Et l'électricité non plus. Alors que le thermomètre affiche des sommets étouffants, la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG) a choisi la solution de facilité : éteindre les lumières. Ce mercredi 19 août 2026, l'annonce tombe comme un couperet sur les foyers du Grand Tunis et du Cap Bon. Des coupures tournantes sont officiellement prévues. Le réseau ne tient plus la route, et c'est le citoyen qui paie la facture, à la sueur de son front.
Pas de préambule. Pas d'excuses. Juste un constat glacial au milieu de l'été. La STEG a confirmé que le recours aux délestages était inévitable pour ce jour précis. Une nouvelle preuve, s'il en fallait, que le système énergétique national est à genoux. Inédit ? Non. Acceptable ? Jamais.
Le Grand Tunis pris en otage par la surcharge
La liste des zones touchées est longue, mais l'impact est universel. Le Grand Tunis, cœur battant et surchauffé de l'activité économique, est au centre de la tempête. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz ne précise pas encore la durée exacte de chaque cycle, mais l'ampleur géographique laisse présager une journée, voire une nuit, d'agitation. Les quartiers résidentiels, les zones commerciales, les hôpitaux, les écoles : tous sont dans le collimateur du réseau défaillant.
C'est un cercle vicieux infernal. Il fait chaud, donc on allume les climatiseurs. On allume les climatiseurs, donc le réseau craque. Le réseau craque, donc on coupe le courant. On coupe le courant, donc il fait encore plus chaud. Qui sortira vainqueur de cette guerre d'usure ? Personne. Le système est bloqué dans une logique de survie qui ne laisse aucune marge de manœuvre pour le développement, l'industrie ou le simple confort de vie.
Les Tunisiens, déjà épuisés par une crise économique qui grignote leur pouvoir d'achat, doivent désormais composer avec cette nouvelle variable d'ajustement. La STEG se retranche derrière la « surcharge du réseau », un terme technique qui cache une réalité politique et structurelle criante. L'infrastructure est vieillissante, les investissements sont en retard, et la demande explose. Le résultat ? Le chaos organisé.
« La Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG) a annoncé qu'elle pourrait recourir, ce mercredi 19 août 2026, à des coupures tournantes. »
Le choc. La routine s'installe là où il y a eu de la modernité. Penser que nous sommes en 2026, et que la Tunisie doit encore gérer sa consommation d'électricité par le bâton, relève de l'absurde. Mais l'absurde est devenu la norme.
Cap Bon : une région à bout de souffle
Si le Capitel est visé, le Cap Bon n'est pas en reste. Les sources indiquent clairement que cette péninsule, souvent en première ligne lors des pics de chaleur, subira également les foudres des délestages. Pour une région touristique qui mise sur l'accueil et le confort, c'est un coup dur, même hors de la haute saison. Pour les habitants, c'est une souffrance quotidienne.
La Société tunisienne de l'électricité et du gaz ne fait pas de différence. Le courant part, il ne revient que quand le réseau le permet. Cette incertitude génère une anxiété collective. Les commerces ferment plus tôt pour préserver leurs stocks périssables. Les familles s'organisent autour de ventilateurs à batterie ou de générateurs bruyants, polluant l'air intérieur pour survivre à la canicule extérieure.
Pourquoi toujours le Cap Bon ? Parce que le réseau y est saturé. Parce que la demande y est forte. Mais surtout, parce que les solutions alternatives n'ont jamais été priorisées. L'énergie solaire, abondante dans cette région, reste sous-exploitée face à la dépendance aux centrales thermiques et aux importations. C'est un paradoxe que la Tunisie ne semble pas capable de résoudre.
Les annonces de la STEG arrivent toujours tard. L'alerte est donnée, mais les préparatifs sont insuffisants. Les citoyens apprennent souvent la nouvelle au moment où les lumières s'éteignent. Cette communication de crise, ou plutôt l'absence de communication proactive, agace une population qui se sent prise pour cible. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz devrait-elle être réformée, ou simplement liquidée ? La question fuse dans les commentaires en ligne, où la colère monte à chaque coupure.
Une gestion de crise qui ne dit pas son nom
Derrière ces coupures de ce mercredi 19 août 2026, se cache l'échec d'une politique énergétique sur plusieurs décennies. La STEG n'est pas seulement une entreprise publique ; elle est le symptôme d'un État qui ne parvient plus à fournir le service public le plus basique. L'électricité n'est pas un luxe. C'est un droit. Or, ce droit est bafoué quotidiennement.
Les experts l'avaient prédit. Sans investissement massif dans les énergies renouvelables et la modernisation du réseau, la Tunisie courait à la catastrophe. Aujourd'hui, la catastrophe est là. Elle s'appelle délestage. Elle s'appelle blackout. Elle s'appelle colère populaire. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz continue de fonctionner comme si rien n'avait changé, comme si les Tunisiens allaient accepter indéfiniment ces conditions de vie médiévales.
Il est temps de poser la question qui fâche : jusqu'où ira la résilience des Tunisiens ? Combien de coupures avant que le point de rupture ne soit atteint ? Les réseaux sociaux bouillonnent. Les images de rues plongées dans le noir circulent. La frustration s'accumule, graine de mobilisation future.
Cette annonce de coupures tournantes n'est pas un incident isolé. C'est la goutte d'eau qui déborde le vase. C'est la manifestation d'un système en faillite morale et technique. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz a peut-être réussi à éviter un effondrement total du réseau ce mercredi, mais elle a perdu la confiance d'une partie grandissante de la population.
Le soir tombe sur le Grand Tunis. Les lumières s'éteignent par vagues. Dans le silence imposé, on entend le grondement d'une colère qui ne demande qu'à exploser. La STEG a gagné la bataille technique du jour, mais elle perd la guerre de l'opinion. Et dans une démocratie, l'opinion finit toujours par avoir le dernier mot.
La prochaine coupure, ce sera peut-être celle de la patience. La Société tunisienne de l'électricité et du gaz ferait bien de s'en souvenir avant de couper le courant une nouvelle fois.
« L'obscurité n'est pas le pire des fléaux ; c'est l'impuissance face à elle. »